Considération sur les matériaux de construction des grandes pyramides d’Egypte. La théorie des pierres artificielles.

avril30

Considération sur les matériaux de construction des grandes pyramides d’Egypte. La théorie des pierres artificielles.

 Article rédigé en 2002/2006 non publié à ce jour

 

 

De nombreux auteurs, de pas moins nombreux « inventeurs », rêveurs ou illuminés se sont penchés sur le procédé de construction des grandes pyramides. Cette question, non vraiment résolue, reste une des principales énigmes du monde antique : comment a-t-on pu ériger une telle masse de matériaux en quelques décennies ? Par exemple la pyramide de Khéops : 146 m de haut (à l’origine) pour une base de 230m par face au sol (les dimensions ne diffèrent que de 20 cm sur les quatre faces), une surface de plus de 4 hectares, soit plus de 2.300.000 m3 pour un poids avoisinant 5.000.000 de tonnes. Elle fut construite en 30 années ! Les blocs la constituant ont une dimension moyenne de 1.3m X 1.3m X 0.7m soit une masse d’environ 2t200, on distingue les blocs de cœur, de structure grossière (environ 90%-95%), des blocs de parement (5%) de couleur claire, texture fine, parfaitement jointoyés.

Enfin, les plus remarquables par leur imbrication, les blocs de pavement qui forment une terrasse autour de la pyramide, ces derniers paraissent être de même nature que ceux du parement.  En plus, les degrés de précision sur le bâti des quatre faces, la planéité de ces dernières, l’absence de joints véritables, l’aspect lisse sur les blocs de parement et des dallages posent encore aujourd’hui, quelle que soit la théorie retenue, de nombreuses interrogations, y compris pour les constructeurs modernes équipés de moyens matériels performants ! Notons que pour les pyramide de Gizeh, seul le sommet de Kefren, et une petite parie de la base de Khéops, désensablée, portent des blocs de parement.

 

Un jour de 2001, directeur de la recherche sur les bétons de génie civil d’une grande société cimentière, je reçu un courriel qui me laissa sourire, comme d’habitude, à la lecture de dizaine de ces courriers, émanation d’inventeurs sûrs et fiers de leur trouvaille…Néanmoins que je respecte beaucoup en raison du fait que la créativité appartient  à tout le monde !

 

Cette missive émanait d’un de nos site de production de béton, elle me demandait de répondre à un correspondant qui soutenait que les pyramides, entre autres celles de Gizeh, avaient été réalisé par moulage de blocs in situ…autrement dit du bétonnage avant l’heure ! Cet  interlocuteur était Monsieur Joël Bertho, il venait d’écrire un livre  intitulé «  la pyramide reconstituée ». Mon attention fut attirée par le fait qu’il citait le témoignage d’ une géologue, spécialisée dans la recherche des carrières d’où ont été tirées les pierres de construction des grands monuments du sud de la France. Intrigué, j’ai immédiatement pris contact avec elle. Cette dernière s’était rendue  sur place, elle avait pu vérifier les dires de Monsieur Bertho, à savoir qu’un certain nombre de ses arguments étaient bien fondés, des échantillons avaient été prélevés et en cours d’analyse.

 

J’interpellai la direction de mon entreprise qui me suggéra d’aller en Egypte pour me faire une opinion sur cette stupéfiante affirmation – notre savoir-faire, nos connaissances sur les structures en béton pouvant apporter des arguments décisifs sur le sujet. Notre société aurait pu « capitaliser » en cas de poursuite scientifique de cette affaire, sachant que nous étions en pleine recherche de notoriété dans le domaine de la connaissance fondamentale du matériau béton. Je pus ainsi visiter les pyramides de Gizeh, celles aussi de Dahchour, entre autre la pyramide rhomboïdale. Nous avons poursuivis, guidé par J.Bertho, des investigations plus complète sur la petite pyramide d’Ounas (sur le site de Saqqarah) qui est du même style constructif et beaucoup plus facile à étudier car les blocs de revêtement sont encore en place jusqu’à la base.

 

Je suis revenu réellement convaincu de l’hypothèse des blocs artificiels moulés sur place. En effet j’ai une assez grande expérience du fait de la production de blocs réfractaires dits « à joint sec » que réalisait la société spécialisée pour laquelle j’ai été de nombreuses années le responsable de la recherche du développement et de la qualité. Joint sec signifie qu’en coulant un bloc contre un autre déjà réalisé on épouse tellement sa surface que le joint entre les deux est sans épaisseur, juste une discontinuité de matière. Il y a même, en général, une sorte de « transpiration » du joint sous forme d’exsudation que j’ai retrouvée en de nombreux endroits sur les blocs de parement. D’autre part, nous avons pu faire une moisson d’autres arguments, ils vont dans le même sens : des surfaces non planes totalement répliquées sur le bloc adjacent, des débordements de matière comme celle repérés sur Ounas, dans les rainures existantes entre tous les blocs ; des imbrications parfaites de blocs de parement dont toutes les faces sont inclinées dans divers sens…disposition impossible à concevoir avec des blocs taillés à l’avance car on ne peut pas les disposer les uns rapport aux autres…

 

En 2002 nous avons fait réaliser des analyses  approfondies, ces dernières ont montré la présence d’éléments quasiment incompatible avec une origine naturelle des matériaux, nous n’avons cependant rien pu démontrer de façon irréfutable car nous avons  buté sur un problème de référence : les blocs de parement sont censés venir de carrières dans les environs du Caire telles que Tura, Masara …et nous n’avons pu disposer d’échantillons de ces roches naturelles – de prélèvements bien  identifiés – du fait qu’il était interdit de pénétrer dans ces carrières appartenant à l’armée. Le dossier fut abandonné, bien que nous ayons tenté de contacter Monsieur Zahi Hawas pour nous aider dans cette démarche (à l’époque responsable de la gestion des antiquités égyptienne).

 

Nous sommes en 2015, ce dossier vient d’être réouvert. En effet la question que nous nous posions apparaît, après lecture de nombreuses publications, comme la pierre d’achoppement pour une  conclusion plus appuyée : Monsieur Joseph Davidovits, un des plus grands défenseurs de la théorie des blocs artificiels (inventeur des liants géopolyméres) est contredit par de nombreux laboratoires quant au contenu comparé des deux matériaux : le naturel et l’artificiel.

 

Un des composants, élément central de notre théorie quant à ce qui a pu donner une prise de type « ciment », est décrit par certains comme préexistant dans la roche, pas pour d’autres ! Notre démarche est donc désormais de clarifier ce point. En effet notre hypothèse s’appuie sur une prise de type pouzzolanique (réaction entre des éléments basiques et de la silice active), il reste cependant à en valider l’existence  des composants essentiels.

 

Nous ne pouvons ici diffuser tous les résultats d’analyse, ni justifier notre hypothèse. Nous attendons de rapprocher ces dernières de données nouvelles quant au contenu minéralogique des roches naturelles avancées comme matière première. Je dois rajouter ici que l’utilisation de ce type de réaction, notamment du rôle de la chaux (Ca(OH) 2), est maintenant reconnu comme déjà utilisé depuis plus de 7000 ans dans la construction de sols de grande dimension (de plus de 150m2), ce fut le cas dans la région de Jericho et de Yiftah en Galilée où des découvertes archéologiques l’ont clairement démontré( Préhistory of Concrete par R.Malinowski et Y.Garfinkel).

 

Je reste persuadé qu’il sera démontré un jour qu’une partie des pyramides a été réalisée par des « chimistes » de génie, ou, tout au moins par des techniciens très observateurs et astucieux.

 

Dans cette approche, nous n’avons considéré que les blocs de parement et ceux du pavement, soit environ 120.000 à 150.000 sur les quelques deux millions. Ces derniers sont constitués de deux composants minéralogiques principaux : CaCO3 (92 /95%) et la silice sous forme de quartz et de silice amorphe (3/5%). Les blocs de cœur sont plus grossiers, leur contenu chimique et minéralogique est très complexe, ce fait rend très difficile la mise en évidence de liant particulier.

 

Notre travail continue, Joël Bertho est devenu un ami, depuis il a écrit une bible monumentale sur la signification décodée des hiéroglyphes et une étude complète sur le langage Maya.

 

Je profite de cet instant pour résumer ce qui a emmené cet architecte scénariste à une pareille révélation. Très tôt, dès l’âge de 15 ans il s’est intéressé aux hiéroglyphes, puis au fil de sa vie il n’a jamais cessé de travailler sur le sujet, devenant ainsi  spécialiste reconnu. Il découvrira le langage codé de certains textes, les experts égyptiens, principalement des prêtres, cachaient leur savoir-faire de cette façon. C’est ainsi qu’au milieu des années 90, il révéla que ces textes parlaient aussi des modes constructifs des pyramides, y compris des matériaux utilisés.  Ayant acquis la conviction que  l’origine des matériaux de construction, il se rendit sur place et découvrit une somme importante d’arguments, il les  développera dans son premier ouvrage « la pyramide reconstituée, les mystères des bâtisseurs égyptiens révélés, ISBN 2-9517687-0-2». Voir la bibliographie complète sur « w.w.w editions-unic.com »

 

Plusieurs auteurs, presque tous des scientifiques de bon niveau, accordent un crédit à cette théorie très décriée de par ailleurs. Quoiqu’il en soit, et en dehors de nos arguments, il faut répondre à un certain nombre de questions : comment façonner par taille des blocs aussi précisément jointés, presque tous étant de forme et de taille différentes, une telle  précision aurait demandé un travail presque irréalisable (nous avons montré ces clichés à un tailleur de pierre qui fut champion de France, pour lui, seule une machine-outil, programmée, pouvait atteindre ce niveau de précision) ! Comment expliquer la cohésion entre les blocs de parement et ceux du cœur, accroche si forte que le parement peut rester « pendu » en l’air comme c’est le cas sur le sommet de Kefren ou sur la pyramide rhomboïdale ?Comment expliquer le grand degré d’humidité régnant à l’intérieur des pyramides, on annonce près de 80% d’hygrométrie alors que depuis près de 5000 ans elles se trouvent sous un climat très chaud ! Comment imaginer que la mise en place de ces blocs pesant en moyenne autour de 2200Kg ait pu se faire mécaniquement sans les ébrécher, leur résistance mécanique avoisine celle  d’une forte craie, autrement dit quelques Mégapascal, soit 10 à20% d’un béton ordinaire ! Personne ne parle de cela !

 

On pourrait lister de nombreuses autres questions qui ne trouvent pas facilement réponse.

 

  • Posted by Bernard
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