De la faux et de son usage.

avril30

De la faux et de son usage.

26 pages A4, publié dans Les Heures de Crémieu décembre 2009.

 

 

Histoire de cet outil majeur du monde paysan depuis des temps immémoriaux. Les premières représentations, en montrant l’utilisation, datent du XI siècle, on a cependant retrouvé des lames apparentées dans des sépultures de l’époque de la Tène remontant à quelques siècles avant notre Ere. La faucille, son ancêtre, était déjà utilisée à l’époque des pharaons, on a retrouvé dans le site de Saqqarah des faucilles primitives faites de silex enchâssés sur un manche courbée. Elle sera très utilisée au Néolithique pour les récoltes des premiers agriculteurs.

 

Cette étude reprend cet historique, elle décrit l’outil dans ses versions modernes (c’est-à-dire celles fabriquées industriellement), ses accessoires, son maniement particulier et difficile à appréhender.

 

Après une enquête approfondie, j’ai pu démontrer que cet outil est à contresens de la manipulation classiques des autres outils- par exemple la fourche, le râteau, la pelle, le balais- du fait qu’il impose par sa conception d’utiliser le bras gauche comme directeur (pour un droitier), ce qui explique son difficile apprentissage. La raison majeur est que la faucille a peu à peu évoluée en direction de la faux, elle en a donc imposé son maniement.

 

Une annexe est consacrée à l’analyse des composants de la faux, construction  pointue qui comprend de nombreux paramètres. On y parle aussi de réglages sans lesquels il est impossible de faucher facilement, et de la décomposition du mouvement, véritable merveille de l’adaptation du cerveau à l’outil et aux paramètres de la récolte à couper.

 

Dans ma jeunesse, j’ai eu bien du mal à apprendre à faucher, je m’étais toujours promis, après de longues discussions avec un ami, d’y consacrer un temps d’étude dès que je serai libre.

 

 

Voici l’avant-propos de ce document :

« A mes grands-pères qui me donnèrent le goût de faucher et furent très indulgents pour mon apprentissage…

 A mon ami Roger avec lequel nous avons souvent parlé de la faux et de son mystère…

En l’honneur de tous ceux qui ont, à la belle saison, passé des heures à faire danser ce bel instrument. »


 

De nombreuses lectures évoquant le travail des faucheurs m’ont ému, voici quelques passages : « C’est le moment de la fenaison. Toujours ce même bruit répété : ‘frinc…frinc…’.La prairie est bien triste, le moment fatal est venu. Adieu cardamines élégantes, myosotis teintés d’azur, grandes berces aux pétales délicats, langues de femme qui tressaillent dans leurs robes grises, houques laineuses… » Un anonyme.

 

« Avant la levée du jour, Delhomme se trouvait là, car l’herbe, trempée de rosée, est tendre à couper, comme du pain mollet, tandis qu’elle durcit, à mesure que le soleil la chauffe ; et on l’entendait bien, résistante et sifflante à cette heure sous la faux, dont la volée allait et revenait, continuellement, au bon bout de ses bras nus » Emile Zola , « la Terre ».

 

Aujourd’hui, une ferme traditionnelle possède toujours au moins une faux. Même si elle ne sert plus que de temps en temps pour couper de mauvaises herbes autour des bâtiments, elle est suspendue quelque part, dormant d’un dernier sommeil. Elle témoigne d’un lointain passé chargé d’histoire.

 

  • Posted by Bernard
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